Histoire Canadienne De Marathon

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New York City Marathon Medal
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Mon genou refuse de se plier il me demande d'arrêter pour voir au moins son
état, je ne veux pas m'arrêter j'enrage contre moi même, une seconde
d'inattention et voilà que des semaines d'entraînements dans la nuit et le
froid remisent en question non je refuse de m'arrêter, j'ai les larmes qui
montent aux yeux autant par la douleur que par la rage.

 

 
  Philippe
  DuParc,
  Paris
  April. 2003

Nous sommes masochistes !!!

Comment raconter ce marathon ?
Je ne sais pas très bien par où commencer.
Départ impeccable j étais dans le sas des 3h30 mais juste au moment de partir j’ai les ballons jaunes juste devant moi alors je décide de les suivre.

Tout ce passe très bien le 10km en 45.08
1er ravitaillement perso au 17eme kilo je suis bien le moral est bon.

Grâce à ce ravitaillement je ne ralentis pas au 20éme et je me retrouve devant les ballons jaunes.

J'essaye de contrôler un maximum ma course je me relâche dans les descentes sans accélérer et quand cela monte je diminue ma foulée, tout se passe bien. Le semi 1h36.27

Puis d un seul coup tout va basculer vers le 24eme kilo juste après le virage de la place de la bastille pour redescendre vers les voies sur berge je me retrouve sur le dos plus vite qu il ne faut pour se rendre compte que l’on va tomber. Là la solidarité joue en plein certains crient pour éviter le sur-accident d'autres m'aident à me relever enfin on m'aide à repartir merci à tous.

Mon genou refuse de se plier il me demande d'arrêter pour voir au moins son état, je ne veux pas m'arrêter j'enrage contre moi même, une seconde d'inattention et voilà que des semaines d'entraînements dans la nuit et le
froid remisent en question non je refuse de m'arrêter, j'ai les larmes qui montent aux yeux autant par la douleur que par la rage.

Il me faudra un bon kilomètre et demi pour retrouver une foulée normale mais mon corps à mal partout il me supplie de m'arrêter mais j'ai cette petite voix au plus profond de moi qui me dit de continuer. Mon "calvaire" ne fait que commencer quand j'arrive sous le tunnel des tuileries, un
premier ballon jaune me dépasse, je décide de ne pas essayer de les suivre l'arrivée est encore loin puis un second, le troisième, le quatrième, c'est fini l'espoir de faire 3h15 s'envole avec ce dernier ballon le moral est au
plus bas. Passage du 30ème en 2h.18, ma bouteille n'étant pas vide je fais l'impasse du ravito du 31ème et puis je sais que l'on m'attend au 35ème c'est ce qui me pousse à continuer, ne pas flancher je me parle "reste à cette vitesse c'est bon" devant la maison de la radio un pompier se met à crier "attention c'est du faux plat" ça on le sait mais c'était vraiment pas la peine de le dire. Enfin le 35ème un visage connu me tend ma bouteille et me dit tu es dans les temps je lui répond je suis tombé mais je ne sais même
pas s'il a entendu ce que je disais je continue j'ai mal partout mais j'avance tant bien que mal. Au 37ème un gars avec un maillot de Vesoul (ma ville de naissance) me demande le nombre de kilomètres restant j'arrive à lui dire 5km il me demande s'il est à la bonne vitesse je lui dis oui sans en être convaincu, au ravitaillement éponges je m'arrête j'ai les jambes qui ont du mal à me porter, un bénévole me crie "aller monsieur c'est bientôt fini" je repars je retrouve le gars de Vesoul et je lui crie "aller Vesoul" et à l'air d'être sur une autre planète pire que moi. Maintenant je cherche au loin tout au loin les panneaux qui indiquent le nombre de kilomètres restant 39,40,41 là je sais que quoi qu'il arrive je terminerai mais je veux quand même faire mieux que l'an passé 42km là j'entend dans la foule un "PAPA" je tourne la tête c'est ma fille et ma femme qui sont là j'ai les larmes qui me montent aux yeux j'ai réussi à terminer mon chrono? 3h22.14. 10' de mieux que l'an passé vu tout ce qui c'est passé je suis content.

Pourquoi faisons nous ça? Pourquoi acceptons nous ces souffrances pour le plaisir? Sommes nous tous un peu masochistes? Non je ne crois pas la réponse est ailleurs, elle est encrée au plus profond de sois et malgré tout ça je
recommencerais, Paris? Je ne sais pas il y a aussi Lyon et Marseille à faire mais promis je le referais encore.


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