Nathalie Collin
Chicago
Octobre 2002 |
Courir dans les rues de la belle Chicago!
Enfin j'y étais! Le grand jour était venu et c'est sous le charme de cette
grande ville que j'ai couru mon premier marathon. Et quel événement se
retrouver parmi quelques 38000 coureurs en ce beau matin ensoleillé mais
venteux (on ne la nomme pas la ville des vents pour rien). Le vent est
donc chez lui à Chicago.
Tout ce beau monde fébrile attendait avec
impatience le coup du départ. Ce dernier s'est déroulé, en dépit de la
grande foule sans aucune anicroche. Quelques minutes à peine et le tapis
du chronomètre était traversé. Dans cette marée humaine j'avais
l'impression d'être une goutte dans l'océan. Tant de gens qui partagent la
même passion dans un même endroit! Wow! Qui aurait cru que certains matins
je me retrouve seul à frapper du pied sur le trottoir. J'étais fasciné par
la sérénité qui m'envahissait. Je constatais que tous ces gens portaient
en eux le même désir, franchir le 42ième km.
Une foule plus nombreuse que le peloton, nous
accompagnait tout le long du parcours. C'est par la ferveur des
spectateurs que je me suis laissée porter.
Le parcours sur lequel nous courions était tout à fait sublime. Les
quartiers visités étaient tous plus beaux les un que les autres. Certains
quartiers résidentiels impressionnaient de par l'architecture de ces
immeubles et était encadré par de majestueux arbres qui recouvraient la
rue, donnant l'impression de nous faire l'accolade. Certes nous courions
dans des quartiers plus pauvres mais c'est, de se côté, la chaleur humaine
de ces résidents qui est venu rehausser l'attrait de leur quartier. Le
quartier chinois accueillait les coureurs avec le traditionnel dra-gon. Le
sourire et l'enthousiasme étaient au rendez-vous. Des gens venus de
partout encourageaient les leurs, ainsi que les inconnus.
Mon expérience fut tellement agréable que je
n'ai pas senti les kilomètres s'accumuler et ce n'est qu'au 40e km que le
vent cinglant est venu refroidir ma candeur. Curieusement, près de deux km
de la fin je voyais des gens s'arrêter pour s'étirer et marcher. J'ai vu
quelques visages en questionnements... Je me suis alors dit: Je ne suis
plus bien loin, j'ai froid, mes muscles sont raidis par celui-ci mais bon
dieu que je suis contente! Soudain la course semblait longue. Le fil
d'arriver c'est enfin pointé. J'ai passé ce dernier en 3h40 et 58s. Mes
pieds ne touchaient plus le sol. À ce moment là j'avais le coeur et le
pied léger. Lorsque l'on m'a mis la médaille au cou je suis redescendu sur
terre comme lorsqu'on attache un bateau au quai pour ne plus qu'il soit
porté par la vague. Mon coeur s'est alors serré. Je réalisais que j'avais
réussi et que l'entraînement avait porté fruit. Deux mois et demi
d'entraînement spécifique et déjà la fin du marathon. Deux larmes ont
coulé sur mes joues. Mon vécu, l'ombre et la lumière m'ont guidés jusqu'au
fil d'arrivée.
Nathalie Collin, Montréal, Québec, June 2003
|
.....
|